Anouk F. raconte l'école dans un livre témoignage et un roman

23/06/2020
Anouk F. raconte l'école dans un livre témoignage et un roman
MonPoche publie « Merci Maîtresse ! » et le Cherche Midi « Dans la rue de l’école », deux livres de l’enseignante Anouk F., le premier est un passionnant témoignage, le second un émouvant roman.

Après avoir présenté pendant quelques années des journaux sur France Info, la journaliste Anouk F. a réorienté sa vie en 2013 pour devenir professeur des écoles.
Une expérience dans une école du sud de la France qui accueille des enfants de toutes origines qu’elle raconte depuis dans un blog (merci-maitresse.fr/) et dans un livre publié l’année dernière au Cherche Midi, Merci Maîtresse ! De rien, c’est mon job, qui vient de sortir en petit format sous la marque MonPoche de Centre France Livres. Le succès de la première édition de ce livre témoignage, du blog et la profondeur de cette expérience de vie ont encouragé Anouk F. à prolonger le récit sous une forme romanesque, avec Dans la rue de l’école publié au Cherche Midi.

« Au départ, j’ai écrit pour me décharger de ce que je vivais, puis j’ai voulu témoigner de cette réalité de l’école que beaucoup de gens connaissent mal. Je l’ai fait dans un blog qui a été repéré par la directrice éditoriale du Cherche Midi, Noëlle Meimaroglou, qui m’a demandé d’en faire un livre. »

Le rôle de la directrice

Dans Merci Maîtresse, Anouk F. raconte le quotidien des enfants, la tendresse, la violence, les relations avec les parents, les rapports entre enseignants, sans angélisme, sans jugement, sur un tempo enjoué. La professeure des écoles a choisi l’anonymat, le sien et celui des personnages, pour préserver la confiance des parents, des enfants, des collègues. « Mes collègues ont même choisi leur prénom d’emprunt… sauf Jacqueline ».

Jacqueline, c’est la maîtresse mystère du livre qui parle d’elle à la troisième personne et qui fuit tout le monde, les parents comme les collègues. La directrice Laurence a un rôle délicat dans cette école de l’éducation prioritaire, et un rôle central dans le livre et dans la vie de l’auteure. Elle a même une place dans le nouveau roman pour lequel Anouk F. a composé un récit choral au porte-à-porte autour du huis clos de cette rue du sud qui conduit à l’école.

« Le roman me permet de dire d’autres choses, sur l’environnement scolaire, sur les familles. La littérature permet de dire le rôle global de l’École, son rôle social, politique, au-delà des multiplications et de la conjugaison qui sont aussi importantes ! L’école est presque le personnage principal du roman. »

« L’école c’est du lien social », témoigne Anouk F. à longueur de pages et de chroniques en pestant contre le confinement qui a coupé tant de relations, « dont les conséquences à long terme seront catastrophiques. » Aujourd’hui elle a l’espoir de retrouver tous ses élèves de CP dès lundi, avant de changer d’établissement en septembre, pour intégrer une Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (UPE2A). Une nouvelle expérience dont elle ne devrait pas manquer de nous faire partager les meilleurs moments.

Jean-Marc Laurent